Pernethique et IVG (Interruption volontaire de grossesse)

La pernethique fait de la vie une référence suprême. Une lecture trop rapide de celle-ci pourrait être mal interprétée et conclure hâtivement qu’elle est opposée à toute interruption volontaire de grossesse (IVG). J’attire donc votre attention sur les points suivants :
– Les êtres humains, sont des êtres libres et responsables et c’est le couple qui a la responsabilité conjointe et solidaire d’élever l’enfant à naître.  Parfois des maris, compagnons ou autres géniteurs fuient leur responsabilité et laissent la femme seule dans l’embarras. Lorsqu’il y a rupture en amont, il ne faut pas s’étonner s’il y a rupture en aval.

Une femme abandonnée ne peut pas nécessairement assumer la responsabilité d’élever un enfant toute seule. Elle doit donc pouvoir faire un choix, aussi difficile soit-il, en accord avec sa liberté de conscience. Ce n’est pas parce que des femmes héroïques ont élevé leur enfant seule dans le passé et que d’autres le feront encore dans le futur que cela deviendrait un devoir absolu.
Quel rôle une institution peut-elle jouer dans ce cas ? Une institution ne peut pas donner la vie et n’a pas de sensibilité. Elle n’est donc pas compétente pour décider en lieu et place des femmes concernées, même si elle peut légitimement édicter des normes, des délais par exemple. Une institution devrait donc faire preuve de bienveillance et, le cas échéant, apporter, dans la mesure du possible, une aide aux femmes en difficulté. Son devoir est de soutenir la vie sous toutes ses formes lorsque les femmes sont victimes d’une situation qu’elles ne contrôlent plus.
Par contre, les institutions ne devraient en aucun cas menacer ou punir les femmes qui – librement – décideraient d’interrompre leur grossesse, car non seulement elles sont libres, mais elles assument encore les conséquences de leurs actes.

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Trop d’éthiques tuent l’éthique.  (Tiré de : Symétrie, valeurs et liberté de conscience)
A l’heure où l’éthique se fait désirer dans le monde politique, financier, économique, sportif, artistique, scientifique, cette petite phrase a eu un côté provocateur. Combien de fois n’ai-je pas entendu « …au contraire, le monde a besoin de davantage d’éthique! » Et voilà, le malentendu s’est installé!
Bien sûr que nous avons besoin de davantage de sens éthique, mais je me référais à la multiplication des systèmes personnels de valeurs, qu’ils soient d’inspiration religieuse ou philosophique. Pour vivre ensemble nous avons besoin d’un système de valeur partagé par l’ensemble de notre société. Aujourd’hui il est si fragmenté que nos sociétés sont divisées voir incohérentes.
Par exemple, pour vivre ensemble sur la route, nous avons besoin d’un code de conduite commun. Si chacun voulait suivre son propre code, les anglais qui roulent à gauche et les européens qui roulent à droite finiraient tôt ou tard par se rencontrer ! Hélas pas de la manière la plus conviviale ! Pour survivre sur la route nous avons besoin d’un système de règles commun, accepté et respecté par tous. Dans le monde des affaires, c’est la même chose. En science on utilise le même language mathématique. Pourquoi en irait-il autrement dans les relations humaines ? Il existe des valeurs qui sont communes à tous les êtres humains; il faut les identifier et les codifier et les rendre applicable par les institutions qui jouent un rôle considérable dans le monde.
Pendant des siècles le christianisme a imposé son système de valeurs en Europe et ailleurs. Puis, au fil des ans ce système a perdu un peu sa force et une partie de sa crédibilité. Par exemple sa conception du rôle de la femme n’était plus en adéquation avec les aspirations de notre société. Avec les idéologies, les migrations, les échanges commerciaux, de nouveaux systèmes de valeurs sont apparus et la multiplication de ceux-ci fait que le vivre ensemble devient difficile tant la confusion des valeurs est grande. Les repères sont perdus. Les idéaux cèdent la place aux intérêts à court terme. Il faut survivre dans un monde terriblement concurrentiel et si peu coopératif. La voie choisie par une partie de notre société est le repli sur soi, le rejet de l’Autre. Certes une autre partie de la société pense différemment. Malgré tout, les tensions et les peurs augmentent. Manifestement trop d’éthiques différentes tuent ou étouffent l’Ethique universelle qui devrait nous rassembler et redonner espoir.