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Trop d’éthiques tuent l’éthique

(Tiré de : Symétrie et valeurs symboliques)
A l’heure où l’éthique se fait désirer dans le monde politique, financier, économique, sportif, artistique, scientifique, cette petite phrase a eu un côté provocateur. Combien de fois n’ai-je pas entendu « …au contraire, le monde a besoin de davantage d’éthique! » Et voilà, le malentendu s’est installé!
Bien sûr que nous avons besoin de davantage de sens éthique, mais je me référais à la multiplication des systèmes personnels de valeurs, qu’ils soient d’inspiration religieuse ou philosophique. Pour vivre ensemble nous avons besoin d’un système de valeur partagé par l’ensemble de notre société. Aujourd’hui il est si fragmenté que nos sociétés sont divisées voir incohérentes.
Par exemple, pour vivre ensemble sur la route, nous avons besoin d’un code de conduite commun. Si chacun voulait suivre son propre code, les anglais qui roulent à gauche et les européens qui roulent à droite finiraient tôt ou tard par se rencontrer ! Hélas pas de la manière la plus conviviale ! Pour survivre sur la route nous avons besoin d’un système de règles communes, acceptées et respectées par tous. Dans le monde des affaires, c’est la même chose. En science on utilise le même langage mathématique sur les cinq continents. Pourquoi en irait-il autrement dans les relations humaines ? Il existe des valeurs qui sont communes à tous les êtres humains; il faut les identifier,  les codifier et les rendre applicables par les institutions qui jouent un rôle dans le monde. Commençons par identifier et codifier les « devoirs humains » ou plus simplement efforçons nous de rechercher des symétries comme le propose la « pernethique ».
Pendant des siècles le christianisme a imposé son système de valeurs en Europe et ailleurs. Puis, au fil des ans ce système a perdu de sa force et une partie de sa crédibilité. Par exemple, sa conception du rôle de la femme n’était plus en adéquation avec les aspirations de notre société. Avec les idéologies, les migrations et les échanges commerciaux, de nouveaux systèmes de valeurs sont apparus et la multiplication de ceux-ci rend le vivre ensemble de plus en plus difficile, tant la confusion des valeurs est grande.
Les repères sont perdus. Les idéaux cèdent la place aux intérêts à court terme. Il faut survivre dans un monde terriblement concurrentiel et si peu coopératif. La voie choisie par une partie de notre société est le repli sur soi, le rejet de l’Autre. Certes une autre partie de la société pense différemment. Malgré tout, les tensions et les peurs augmentent. Manifestement trop d’éthiques différentes tuent ou étouffent l’Ethique universelle qui devrait nous rassembler et redonner espoir.