De la symétrie à l'harmonie
Une ébauche d'éthique universelle
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Le déterminisme
Le déterminisme a affecté notre façon de penser depuis
les temps anciens. C’est une doctrine qui soutient que toutes les
actions humaines sont déterminées par leurs états antérieurs c.-à-d.
par une causalité sans que la volonté ne puisse changer quoi que ce
soit à cette détermination. Elle est construite sur des symétries
parfaites. Elle est la négation même du libre-arbitre et de la liberté.
Les religions, les théories économiques, sociales, scientifiques n’ont
pas échappé à cette vision fataliste. On imaginait des acteurs de
marché parfaitement informés, des marchés cycliques parfaits et partant
de ce système référentiel trop parfait on a construit des théories qui
semblaient raisonnables aux petites échelles de la nation, mais qui
sont aberrantes aux grandes échelles de la mondialisation.
Le déterminisme est incompatible avec le libre arbitre et la
responsabilité morale. Dans sa forme historique, le déterminisme est
une croyance intransigeante que la révolution quantique a finalement
vaincue. Werner Heisenberg et son principe d’incertitude (ou principe
d’indétermination) a enfoncé le premier clou dans le cercueil du
déterminisme. Tandis qu’Albert Einstein maintenait encore une vision
très déterministe de l’univers, son interprétation de la mécanique
quantique a finalement été prise en défaut lorsque le physicien John
Bell a écrit les fameuses équations dites « Les inégalités de Bell ».
On peut dire que J. Bell a écrit l’oraison funèbre du déterminisme et
qu’Alain Aspect en a été le fossoyeur lorsqu’en 1982 il a démontré
expérimentalement la validité des inégalités de Bell.
Nous savons maintenant que le monde évolue de manière indéterminée,
même si de nombreux systèmes locaux répondent à un déterminisme
apparent. Selon le mathématicien David Ruelle il ne faut pas
confondre les lois de la physique qui sont déterministes, c-à-d
invariantes (symétriques) avec les conditions initiales qui ne le sont
pas. Une petite incertitude sur la condition initiale donnera lieu à
une grande incertitude dans la durée ou l’espace et le résultat ne sera
pas prédictible. La nature et les individus font des choix rationnels
ou hasardeux qui contribuent à déterminer notre avenir incertain sans
aucune possibilité de retour.
Grâce à ces connaissances accumulées à la fin du XXe siècle, nous
avons maintenant les moyens d’envisager la construction d’une nouvelle
éthique.
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