La nouvelle éthique pour les institutions
internationales
Comme
un pendule qui va et vient, comme un poumon qui inspire et expire,
cette ébauche d’éthique oscille entre symétrie et légère dissymétrie.
C’est l’art d’approcher le bien avec « juste ce qu’il faut de
dissymétrie ». Cette éthique nous dit de briser légèrement les
symétries trop rigides lorsque nous les rencontrons ; toutefois, dans
la plupart des cas, nous sommes dans des situations de graves
dissymétries et le principal devoir éthique consiste à agir dans le
sens de retrouver les symétries qui ont été perdues ou violées.
Par ailleurs, il n’est pas nécessaire d’atteindre un but prédéterminé
pour avoir un comportement éthique. Ce qui compte, c’est le chemin que
l’on prend, c’est l’impulsion que l’on donne dans la recherche de
symétries. C’est la persévérance que l’on met à suivre ce chemin qui
est déjà éthique.
Si je prends soin de préciser l’importance du chemin par rapport au
but, c’est parce que je crains que des personnes trop bien
intentionnées et très zélées mettent tant d’énergie à atteindre leur
objectif qu’elles en deviennent tyranniques, pour elles-mêmes et pour
les Autres.
Les principes d’égalité, de réciprocité, de proportionnalité et de
responsabilité et leurs dérivés vous sont déjà connus. Ce qui est
nouveau c’est la découverte qu’ils plongent leurs racines au cœur même
de la matière et de l’univers. Ils sont donc universels, tout comme les
symétries. Ils peuvent former la base d’une nouvelle éthique au-dessus
des contingences politiques, religieuses, philosophiques. Ils sont
valables pour les individus, les entreprises, les nations. Les
symétries existant bien avant l’apparition de l’homme et même de notre
planète terre, il n’est pas étonnant qu’elles s’appliquent aussi bien à
l’Homme qu’à la nature et l’environnement puisqu’elles sont à l’origine
même de leur naissance.
Cette nouvelle éthique ne réinvente pas un nouveau père fouettard ;
elle est une véritable aide à la prise de décisions. Sa validité et sa
fiabilité ne seront reconnues que lorsque ses fondements seront
reconnus logiques, vrais et vérifiables ! En construisant cette ébauche
d’éthique sur les forces qui nous animent et les lois de symétrie qui
les régissent, il me semble avoir répondu à cette exigence.
Encore une fois on ne peut pas
dissocier les symétries ni les principes éthiques qui en découlent. Les
quatre repères-limites proposés ne sont pas des options « à la carte ».
Ils forment un tout indissociable, comme les forces et
l’espace-temps . Le réductionnisme est utile pour comprendre la nature, mais celle-ci fonctionne comme un tout.
En résumé, il y a trois manières de se tromper et de créer un désordre
exponentiel. La première, c’est de choisir un mauvais système
référentiel. La seconde, c’est d’œuvrer dans le sens de la dissymétrie
en augmentant les tensions et les déséquilibres au lieu d’aller dans le
sens des symétries indiquées par nos quatre repères. La troisième,
c’est de ne rien faire, de laisser faire.
Un marché non régulé ou mal régulé, conforme aux principes libéraux du
laisser-faire dans lequel une majorité subit les événements au lieu de
les contrôler, est un marché où le hasard tend à défaire plutôt qu’à
construire, à semer le désordre plutôt qu’à instaurer l’ordre. Les
marchés mondiaux sont si complexes qu’ils évoluent naturellement vers
toujours plus de désordre plutôt que vers une hypothétique
stabilisation. Plus un système est complexe, et plus il est sujet à
dégradations et dysfonctionnements.
Il y a des milliers de façons de marcher dans la bonne direction sans
pour autant aliéner notre liberté d’action ! Cette ébauche d’éthique
nous laisse une immense marge de manœuvre, un terrain de jeux
formidable. Elle n’est pas une doctrine, elle est un cadre souple dans
lequel nous pouvons évoluer et contribuer à façonner un bien commun
sans infliger de préjudices aux Autres. Le libre arbitre de chacun est
intact, sa responsabilité aussi.
Les repères-limites imposés par ce cadre sont comme des portes
d’ascenseur qui nous empêchent de chuter dans le vide, elles sont là
pour notre sécurité. Mais lorsque les conditions de « presque symétrie
» sont réunies, ces quatre portes s’ouvrent pour nous faire accéder à
un niveau supérieur de relation avec autrui : une relation faite
d’empathie, de sollicitude, de vérité et de justice. C’est grâce à ces
portes que le tissu social peut s’enrichir.
Contrairement à la déontologie, qui fixe seulement nos devoirs, cette
éthique met en valeur notre liberté, nos droits et ceux des Autres.
Elle permet à la vérité de s’épanouir. Elle dépend essentiellement de
notre niveau de conscience, de notre bon jugement, de nos choix et de
notre bonne volonté. Évidemment, elle est un petit peu plus complexe
que la simple notion de « bien » et de « mal ». C’est une éthique pour
le futur des grandes institutions et des individus qui exercent un
pouvoir ou un autre.
1) On pourrait dire qu’il s’agit d’une «éthique vectorielle» dans la mesure où elle s'inscrit dans les 4
dimensions de l'espace-temps et qu’elle s’identifie par une série de 4
valeurs correspondant aux 4 types de symétries fondamentales.
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