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De la symétrie à l'harmonie
Une ébauche d'éthique universelle
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Pourquoi
une éthique universelle ?
Depuis
des siècles l’humanité perfectionne ses règles éthiques individuelles
car «l’homme est la mesure de toute chose» disait Protagoras.
Cependant depuis quelques années l’individu a perdu beaucoup de ses
prérogatives au profit d’institutions internationales dans lesquelles
la responsabilité individuelle s’est diluée.
La plupart des éthiques existantes ont été développées pour aider les
humains à survivre, à se reproduire, à se réaliser et surtout à vivre
ensemble. Les institutions internationales n’ont pas vocation à se
reproduire. Elles ont vocation à produire une forme ou une autre de
«bien commun» pour la société. Leur survie ne devrait donc dépendre que
de leur capacité à produire ce bien commun pour lequel elles ont été
établies. Lorsqu’il s’agit de survivre, de se reproduire et de se
réaliser, une éthique subjective, autoréférentielle est adéquate. C’est
ainsi qu’on a vu apparaître des notions comme la «liberté de
conscience». Mais lorsqu’il s’agit de vivre ensemble et de promouvoir
une forme ou une autre de bien commun, alors l’éthique doit être
objective et pour cela elle doit trouver des bases objectives,
vérifiables en tout temps et tout lieu.
Une nouvelle éthique ne nous protégera pas des escrocs; il y en aura
toujours. C’est notre rôle et celui des autorités de mettre en place
des législations et des systèmes de protection. Cependant le problème
est ailleurs. Un bon escroc comme Bernard Madoff a causé des dommages
pour quelques milliards de dollars, tandis que les dérives
institutionnelles ont causé récemment des pertes boursières mille fois
plus importantes, sans parler des pertes d’emplois, du pillage
des ressources et de la formidable croissance des inégalités et autres
déséquilibres. C’est donc au niveau des institutions internationales
que les problèmes sont les plus aigus. Tandis que la médecine a une
longue tradition éthique bien implantée au coeur de ses réflexions, ni
l’économie, ni la finance, ni la politique n’ont fait de l’éthique la
pierre angulaire de leurs programmes ; leurs références sont
essentiellement idéologiques. Or les idéologies sont fragiles. On a vu
le communisme s’effondrer et maintenant nous observons le
néo-libéralisme plier sous le poids de ses excès.
Lorsque de nouveaux défis
technologiques sont apparus médecins, biologistes, généticiens,
philosophes ont mis sur pied la bioéthique pour guider leurs actions
dans la recherche notamment. Avec l’avènement des mathématiques
financières ni les gouvernements, ni les banquiers, ni les «quants»
n’ont porté leur réflexion au niveau de l’éthique. La plupart ont été
prisonniers d’une vision idéologique et déterministe du monde où
l’individu est roi et où la sélection naturelle privilégie les forts au
détriment des faibles. Avec cette vision les forts n’ont pas besoin
d’éthique, celle-ci étant bonne pour les faibles. Mais il arrive
parfois que les forts deviennent faibles lorsqu’ils rencontrent plus
forts qu’eux, alors ils réclament plus d’équité, plus de justice !
Il faudrait pouvoir offrir aux grandes institutions économiques un
cadre suffisamment simple et souple pour qu’elles puissent orienter
leurs activités dans le sens du bien commun. Une éthique universelle
objective permettrait aux législateurs et autres régulateurs de
s’inspirer de principes fondamentaux avant d’édicter des lois et des
règlements. Elle permettrait également aux citoyens de garder un œil
sur ces institutions en disposant de repères simples, mais fiables.
Prenons par exemple l’Organisation Mondiale du Commerce qui ne dispose
pas d’une charte éthique et dont les décisions ont bouleversé la vie de
milliards de personnes. Comment les 154 gouvernements auraient-ils pu
s’accorder sur un système référentiel commun si chacun avait proposé sa
propre vision éthique ? Laquelle choisir ? Devant une telle
multiplicité de l’offre il aurait été impossible de faire un choix et
les négociateurs se sont contentés de marchander, c.-à-d. de négocier
la résolution des nombreux problèmes du moment : l’accès aux marchés,
les subventions, la concurrence, la résolution des conflits etc. Chaque
négociateur s’est donc inspiré de sa propre éthique. Nous pouvons
constater que, dans ce cas précis, «Trop d’éthiques tue l’Ethique !».
Après plus d’une décennie de mondialisation, l’OMC ne dispose toujours
pas d’une charte éthique cohérente et fiable pour présider à ses
négociations. Certes, elle se réclame de certains principes comme
la transparence et la non discrimination entre productions
nationales et importations, prohibition de dumping ou de mesures
restrictives aux échanges et réglementation des subventions, mais hélas
ces principes ne sont pas suffisants pour en faire une éthique
cohérente.
Dans le monde de la finance où une nouvelle régulation s’est imposée,
il ne s’agit pas seulement de promouvoir les valeurs qui ont été
bafouées, il faut encore découvrir les valeurs essentielles et
combattre les mythes qui résistent comme : «Laissez faire, le
marché règlera tout ça pour vous» ou encore : «Les entreprises
n’ont pas d’autres responsabilités sociales que celle de maximiser
leurs profits».
Les conséquences de cette vacuité morale sont facilement observables :
les déséquilibres commerciaux et financiers, la montée des inégalités,
la perte de solidarité, le commerce inéquitable, l’irresponsabilité
reflètent les errements des politiques commerciales, économiques et
financières. Devant l’ampleur des problèmes auxquels nos sociétés sont
confrontées, les critiques et les propositions fusent de partout et la
confusion règne. Certains proposent des solutions techniques, d’autres
cherchent des réponses dans la philosophie ou dans la religion ;
d’autres encore culpabilisent et sont paralysés.
Alors que faire pour bien faire ? De mon point de vue il faut d’abord se doter d’un système référentiel fiable.
Quants, quantitative analysts pour désigner les mathématiciens qui ont mis au point de nombreux produits dérivés.(retour)
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