De la symétrie à l'harmonie
Une ébauche d'éthique universelle


A chaque problème, sa solution


A partir des problèmes, cherchons les valeurs éthiques susceptibles de les corriger si elles étaient mises en pratique:

Les déséquilibres, les inégalités, les iniquités, les discriminations

Les flux commerciaux sont déséquilibrés, le chômage règne, les balances commerciales penchent dangereusement d’un côté ou d’un autre. Ces déséquilibres entraînent des déséquilibres financiers qui à leur tour entraînent de graves inégalités sociales. Il y a également des déséquilibres dans l’usage des ressources naturelles, surpêche, surconsommation de pétrole, pollution etc. Le commerce inéquitable affaiblit les pauvres. Les violations répétées du principe d’égalité dans le droit d’être se manifestent par de nombreuses formes de discrimination. La liste est longue je vous laisse imaginer les autres types de déséquilibres et inégalités.

Pour éviter ceux-ci il faudrait que notre système référentiel éthique, fasse la promotion de l’ÉGALITÉ.  Cette valeur est le fondement même des principes d’équité, d’équilibre, d’équivalence etc. Il me semble que cette valeur devrait figurer en première ligne dans une charte éthique.

Les relations

Nombreux sont ceux qui constatent que les individus se coupent les uns des autres et se replient sur eux-mêmes. L’individualisme fait des ravages dans la société. Le professeur Paul Dembinski fait remarquer qu’il y a de plus en plus de transactions et de moins en moins de relations. En supprimant les frontières et autres limites (physiques ou morales) les identités se perdent et les relations s’estompent au profit des transactions machinales. Certains disent qu’il y a trop de biens et pas assez de lien. La relation à l’Autre est devenue négligeable, ce qui compte c’est le profit pour soi, la valeur actionnariale.

Pour corriger ce déficit relationnel il conviendrait donc d’inclure dans notre éthique une valeur qui crée du lien. Il y en a de nombreuses, mais la plupart sont religieuses et je voudrais les éviter car elles sont trop souvent locales et manquent d’universalité.  L’amour  pourrait être une valeur, mais je doute que les bons sentiments fassent de la bonne éthique. A sa place je propose la RÉCIPROCITÉ. C’est une valeur qui fonde les relations humaines, qu’elles soient commerciales (prestation/contre-prestation), diplomatiques, militaires ou juridiques. Son impact est considérable. D’après le théologien Hans Kung, c’est une des rares valeurs commune à toutes les religions. Elle a fait ses preuves au cours des siècles, depuis Confucius. Naturellement certains philosophes ont exprimé des réserves que j’ai prises aux sérieux et que je commenterai dans un prochain chapitre.

La disproportion

La démesure de certaines politiques, de certains choix  a affecté de nombreux citoyens dans le monde. La disproportion des investissements dans certains secteurs, la disproportion entre les désirs, les besoins et les ressources disponibles, ont fragilisé la planète et nos sociétés. Il faut retrouver le sens des proportions c-à-d. le sens de la mesure. Je propose d’inclure la notion de PROPORTIONNALITÉ dans notre éthique. C’est elle qui va nous donner la mesure dont nous avons si grandement besoin, car on ne gère bien que ce que l’on mesure.

L’irresponsabilité

Quand un banquier perd des milliards de dollars et qu’il avoue, la mine contrite, être responsable, il faut savoir discerner le sens des mots. Ce banquier là n’est pas responsable, il est irresponsable! Ce sont les actionnaires qui répondent de ses erreurs en payant de leur poche, ce sont eux les vrais  responsables. Répondre de ses actes, de ses paroles dans le temps est d’une importance cruciale dans la marche des affaires et dans la formation de la confiance qui est à la base des relations humaines. Une promesse ou un contrat ne valent que par leur réalisation dans le temps. Hélas trop d’engagements sont  pris à la légère et ne sont jamais honorés. Il est donc indispensable d’inclure dans notre éthique la notion de RESPONSABILITÉ dans le sens très précis de «Répondre de ses actes et de ses paroles dans le temps».

Finance servante ou finance trompeuse (Desclée de Brouwer) (Retour)