Le système référentiel
Les
échecs et les dérives de nos économies m’encouragent à proposer un
autre système référentiel, une autre boussole si je puis dire. Nous
avons besoin d’un système plus fiable, plus respectueux des êtres
humains et de l’environnement. Seul un système référentiel objectif,
réaliste et légitime permettra d’élaborer des politiques économiques,
sociales, environnementales fiables et éthiquement responsables. Il me
semble que c’est la base même et qu’aucune solution technique n’a de
sens tant que l’on ne dispose pas de ces repères. En outre ils doivent
avoir un caractère universel car nous vivons dans un monde globalisé où
tout le monde est interconnecté.
Lorsque nous achetons nos légumes au marché, qui se préoccupe de savoir
que le kilogramme est étalonné sur un grave de platine équivalent à un
décimètre cube d’eau? Lorsqu’un architecte nous propose les plans d’une
maison, songe-t-on à la convention du mètre qui fixait sa longueur à la
«dix millionième partie du quart du méridien terrestre», mais qui,
entre-temps, a été modifiée pour devenir «la longueur du trajet
parcouru dans le vide par la lumière pendant une fraction précise de
seconde»? Et lorsqu’arrivent les factures, nous les payons dans une
monnaie étalonnée sur l’or ou sur des droits de tirage spéciaux. Ainsi,
la valeur d’une marchandise, son poids, de même que ses mesures
(longueur, largeur, hauteur) ne sont jamais fixés subjectivement. Ils
sont toujours déterminés par rapport à une référence extérieure
objective et mesurable. Sans une référence objective, un système, qu’il
soit physique ou spirituel comme une éthique, se corromprait et
s’autodétruirait..